Et aujourd'hui ? 2 décembre

Publié le par Julien Ferrand

Et aujourd'hui ? 2 décembre

2 décembre 1804 : Sacre de Napoléon

Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte est sacré empereur des Français dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII.

La bourgeoisie, qu'inquiète la menace d'une restauration royaliste, adresse au Premier Consul (Napoléon) des pétitions en vue d'instaurer l'hérédité dans sa famille. C'est ainsi que le Sénat déclare dans la constitution de l'an XII:

«Article premier.
Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français.

Génie de la propagande et de la mise en scène, le nouvel empereur ne se contente pas d'une ratification de son titre par le peuple. Il veut une onction religieuse pour s'aligner sur les autres empereurs du moment, le tsar de Russie et le chef du Saint Empire romain germanique, qui règne à Vienne.

Pour le lieu, il choisit la vénérable cathédrale Notre-Dame de Paris. L'empereur veut en faire le symbole de la réconciliation de la Nation avec son Histoire.

La veille du sacre, Joséphine, qui veut éviter une répudiation, confesse au pape qu'elle n'a été mariée que civilement à l'empereur. Aussitôt, Pie VII fait réveiller l'empereur et impose au couple de régulariser son union devant Dieu. Le mariage a lieu en catimini, sans témoins, dans la chapelle des Tuileries, pendant la nuit.

La cathédrale est comble. La cérémonie est quelque peu brouillonne et totalement dénuée de spiritualité et de recueillement. Elle s'éternise pendant trois longues heures. Pie VII donne l'onction à Napoléon et Joséphine, humectant d'huile sainte leur front et leurs deux mains. Après la messe, il bénit les emblèmes impériaux : anneau, épée et manteau.

 

Il nous reste du sacre une toile grandiose, au moins par ses dimensions (6 mètres sur 9). Elle est l'oeuvre du peintre David qui a reçu de l'empereur l'ordre de fixer pour l'éternité le souvenir de cet événement, tâche dont il s'est acquitté en prenant de grandes libertés avec la réalité, jusqu'à faire figurer au centre de la toile la mère de l'empereur qui avait préféré rester en Italie plutôt que d'assister au couronnement. En voyant cette oeuvre immense dans l'atelier du peintre, deux ans après le sacre, l'empereur aurait eu ces mots : «Que cela est grand ! Ce n'est pas une peinture : on marche dans ce tableau». La toile est aujourd'hui visible au Louvre.

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