Et aujourd'hui? 6 juin

Publié le par Julien Ferrand

Et aujourd'hui? 6 juin

6 juin 1944 : Débarquement des troupes alliées en Normandie

Le 6 juin 1944, à l'aube, 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approchent des côtes normandes. Ces navires s'étalent sur un front de 35 kilomètres et transportent près de 130.000 hommes, Britanniques, Américains ou Canadiens pour la plupart. Dans les airs, plus de 10.000 avions la protègent.

Baptisé du nom de code « Overlord », cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l'Histoire. Elle était attendue de pied ferme par les Résistants qui luttaient contre l'occupation nazie.

Dwight Eisenhower et ses adjoints, les généraux américains Omar Bradley et George Patton ainsi que le maréchal britannique Bernard Montgomery, décident de débarquer en Normandie, au sud de la Seine.  Il faut dire qu'une tentative de débarquement à Dieppe, au nord de la Seine, le 19 août 1942, s'est soldée par le sacrifice d'une division canadienne. Ce drame leur a prouvé qu'il était impossible de s'emparer des grands ports du Nord de la France.

Par contre, les plages de sable qui s'étendent en Normandie se prêtent à un débarquement rapide et sont moins bien défendues que les ports du nord. L'objectif est de débarquer sur ces plages puis de s'emparer du port  de Cherbourg afin d'intensifier les débarquements d'hommes et de matériels.

D'impressionnantes fortifications allemandes se tiennent le long du littoral océanique des Pyrénées à la Norvège. Ce « mur de l'Atlantique » a été construit car Hitler est persuadé d'un débarquement des Alliés.

Les forces allemandes de Normandie totalisent près de 300.000 hommes. Elles sont placées sous le haut commandement d'Erwinn Rommel. Comme le temps est mauvais sur la côte normande dans les premiers jours de juin, Rommel exclut toute tentative de débarquement, et se rend en Allemagne pour fêter l'anniversaire de sa femme.  Il n'a pas prévu que le temps allait subitement se mettre au beau dans la nuit du 5 au 6 juin. Cette nuit-là, il n'y a que 50.000 soldats de la Wehrmacht  pour faire face à l'armada alliée. 

En raison de la tempête qui sévit sur la Manche, le général Dwight Eisenhower a déjà reporté le débarquement du 4 au 6 juin. Si la tempête persiste, il faudra un nouveau report de deux semaines.

– Le 5 juin, à 4h15, le général est informé par le responsable de son service météo d'une accalmie de 36 heures au-dessus de la Manche. Après quelques minutes de réflexion, il décide d'engager sans délai l'opération Overlord.

– Dans la nuit du 5 au 6 juin, le Débarquement commence par une immense opération aéroportée.Au début de la nuit, les Alliés larguent d'abord de faux parachutistes, des mannequins gonflables qui crépitent et explosent en touchant le sol. Ils ont pour effet d'affoler les troupes allemandes et de les disperses dans l'arrière-pays.

Vers minuit, trois cents éclaireurs sont parachutés pour de bon. Ils balisent les terrains d'atterrissage destinés aux planeurs qui les suivent. 23.500 parachutistes sont lâchés derrière les lignes allemandes. Leur mission est de dégager la plage baptisée Utah et de couper la route nationale qui relie Caen à Cherbourg  à Sainte-Mère-Église.

Certains parachutistes tombent par erreur au centre du village où ils sont mitraillés par les Allemands avant d'avoir touché terre. L'un d'eux, John Steele, relativement chanceux, reste toute la nuit accroché au clocher.

Les garnisons allemandes qui ne savent plus où donner de la tête. À l'intérieur des terres, les réseaux de résistance s'activent. Ils ont été avertis du débarquement par des messages codés de la radio anglaise, la BBC. Parmi eux deux vers de Verlaine :

« Les sanglots longs des violons de l'automne

Blessent mon coeur d'une langueur monotone ».

Au matin du Jour J, à 5h30, les avions alliés et une demi-douzaine de cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises. Une heure plus tard, cinq divisions (deux américaines, deux britanniques et une canadienne) commencent à débarquer sur autant de plages aux noms codés. De l'ouest vers l'est, Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques et détachement français).

A la fin de la journée, 135.000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français et répliquent aux tirs allemands. Les Américains déplorent 3.400 tués et disparus, les Britanniques 3.000, les Canadiens 335 et les Allemands 4.000 à 9.000. Tous ces morts sont encore célébrés aujourd'hui par d'immenses cimetières militaires en Normandie. Les bombardements massifs des villes normandes ont par ailleurs causé la mort de 2500 civils.

Au soir du 6 juin, les Alliés ont finalement réussi à établir une tête de pont sur la côte. Ils peuvent ainsi mettre en place toute la logistique indispensable à une offensive de longue haleine.

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